samedi 2 mars 2013

Au revoir Marie-Jo

Depuis une semaine je cherche dans ma mémoire un souvenir de ma première rencontre avec toi.
Et je n’en ai pas trouvé.  
Il n’y en a pas parce que depuis toujours tu es avec nous et tu as fait partie de ma vie.
Je me souviens de certains mercredi midi, avec la raie au beurre noir et aux câpres avec des pommes de terre, où le meilleur dans tout ça était bien évidemment le beurre…
Je me souviens des Feux de l’amour où le Monsieur avec la moustache était marié avec la dame blonde, et la semaine d’après il embrassait la brune. Je dois dire que c’était très perturbant…
Je me souviens de tes ongles, si longs, beaux, et toujours vernis en rose ou en rouge vif. C’était tellement impressionnant que même Quentin voulait les mêmes.
Je me souviens aussi de tous ces étés passés à Noirmoutier.
Quand j’ai oublié la brioche sur le marché, si tes yeux tiraient à balles réelles je ne serai plus là pour en parler…
Quand, avec Yaelle, nous avons envoyé des coquilles d’escargots vides chez le voisin par-dessus le mur, cet air désespéré dans tes yeux quand tu nous as regardées, et le regard d’excuse au voisin le jour suivant…
Aujourd’hui il y a la chaise à Cathy, mais avant c’était la chaise à Marie-Jo pour que tu viennes avec nous à la plage.
Mais ça n’a pas duré longtemps parce que juste après ils ont lancé Qui veut Gagner des Millions à 18h et il ne fallait pas rater le début.
Je me souviens en Septembre, quand ta vie a basculé, et les semaines qui ont suivies, chaque fois que Kaki appelait je courrais dans ma chambre en me bouchant les oreilles en espérant que ce ne serait pas la mauvaise nouvelle tant redoutée.
 Et en Novembre quand je suis venue te voir aux vacances de la Toussaint, à Chevilly.
Toi si indépendante, fière, droite avec un air parfois si sévère, toute frêle dans une chambre sans fenêtre, et je ne pouvais même pas parler avec toi, Kaki devait me traduire ce qu’elle lisait sur tes lèvres.
Tu ne l’as pas vu ce jour là, mais je suis ressortie dans un drôle d’état de cette chambre.
Heureusement, Maman t’a sortie de là et tu es repartie de plus belle.
Avec Quentin et Yaelle on pensait avoir trouvé le bon filon pendant les réunions de famille à l’apéritif. Il suffisait de s’asseoir à côté de toi et on pouvait prendre double ration de petite saucisse, une pour nous et une pour toi, qu’évidemment tu n’allais pas manger vu que tu ne mangeais pas grand-chose. Mais en fait tout ça n’était qu’une grosse arnaque ! Parce qu’en ce qui concerne les petites saucisses, on ne peut pas vraiment dire que tu laissais ta part…
Tu sais que je suis assez fâchée contre toi ? Parce que aujourd’hui avec toi je laisse partir mon fournisseur officiel de Voici, et que je n’aurai plus personne à qui les piquer.
Tu vois, autant je savais que la vie était difficile pour toi, autant je ne pensais pas qu’aujourd’hui tu serais partie.
Il est dit dans tous les supports ou définitions que j’ai pu trouver, que l’amour est un sentiment désintéressé pour une personne, qu’on est censé lui souhaiter le meilleur sans prendre en compte nos propres sentiments.
Alors aujourd’hui je suis contente pour toi que tu t’en ailles. La vie ne t’a pas épargnée et je ne sais pas vraiment dire si tu étais très heureuse ces dernières années.
Mais garde bien en mémoire que ça ne veut pas pour autant dire que c’est avec joie que nous te laissons partir, ni que c’est très facile pour ceux qui restent. 
 

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